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 classe sociale

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jihan



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MessageSujet: classe sociale   Lun 2 Avr - 14:20

classe sociale



La notion de classe sociale fait référence aux inégalités sociales. Des chercheurs, qui abordent la question selon deux théories sociologiques différentes, relèvent deux types distincts d'inégalités. L'une de ces théories découle des travaux de Karl Marx, et l'autre, de ceux de Max Weber, qui remet en question la pensée marxiste. Les sociologies canadienne et américaine préfèrent l'approche de Weber entre les années 40 et les années 60, mais aujourd'hui, celle de Marx gagne du terrain.
Selon la pensée marxiste, les classes sociales, qui se définissent en fonction de la propriété des moyens de production et de la force de travail (voir ÉCONOMIE, RADICALE), existent dans toutes les sociétés capitalistes. Les moyens de production comprennent les machines, les immeubles, les terrains et le matériel nécessaires à la production de biens et de services. Quant à la force de travail (l'aptitude physique et mentale d'une personne à travailler), elle est achetée et vendue, en échange d'un traitement (salaire), par les détenteurs des moyens de production ou par leurs agents.

Les marxistes reconnaissent trois classes principales : la petite bourgeoisie, dont les membres possèdent des entreprises (moyens de production), travaillent à leur compte et n'ont pas d'employés; le prolétariat ou la classe ouvrière, dont les membres ne détiennent aucun moyen de production et échangent leur force de travail contre un salaire; et la bourgeoisie ou la classe capitaliste, regroupant les détenteurs des moyens de production, qui achètent la force de travail, vivent bien et s'enrichissent grâce à la plus-value provenant du travail des ouvriers. (La théorie de la plus-value part du principe voulant qu'une partie de la valeur des biens et des services produits est déterminée par la force de travail investie dans la production.) La plus-value correspond à la différence entre la valeur totale des marchandises lorsqu'elles sont échangées sur le marché et la valeur de la force de travail et des moyens de production. Le taux de plus-value est la plus-value divisée par la masse salariale. Il s'agit du taux dont se servent les chercheurs marxistes comme indicateur du degré d'exploitation des classes, soit celui de la valeur que la bourgeoisie tire de la force de travail de la classe ouvrière.

Dans l'analyse marxiste, les distinctions entre les classes sociales ne tiennent pas compte du genre de travail ni du revenu. Par exemple, un plombier pourrait être membre de la classe ouvrière, s'il vend sa force de travail et ne possède pas sa propre entreprise, il pourrait aussi être un petit capitaliste ou un petit-bourgeois s'il possède un commerce et achète la force de travail de plusieurs plombiers. De même, les membres de différentes classes sociales peuvent avoir des revenus semblables ou qui se chevauchent. Le propriétaire d'un petit bureau d'ingénieurs comptant quelques employés peut avoir un salaire annuel inférieur à celui d'un salarié, comme un ingénieur prospère travaillant pour une grande entreprise. Cependant, en règle générale, les capitalistes détiennent plus de pouvoir que les ouvriers pour déterminer la répartition des richesses, étant donné qu'ils possèdent et contrôlent les moyens de production et que la classe ouvrière manque d'organisations, syndicales ou politiques, pour se défendre. Les marxistes croient que les conflits d'intérêts (conflits salariaux et opposition des capitalistes à la formation de syndicats) qui existent entre les capitalistes et les travailleurs sont inhérents au capitalisme. Les premiers essaient de maintenir les salaires au minimum et la productivité au maximum afin de maximiser leur part de la distribution des richesses. Quant aux seconds, ils tentent d'accroître leur part de richesse en revendiquant des hausses de salaires et ils cherchent à améliorer leurs conditions de travail.

Les non-marxistes affirment que les classes sociales peuvent se définir selon les inégalités de revenu, d'instruction, de pouvoir et de prestige professionnel, mais ils étudient souvent ces formes d'inégalités sociales sans tenir compte de la définition marxiste de classe sociale. Ils identifient par exemple diverses classes sociales selon le facteur d'inégalité sociale faisant l'objet d'une étude donnée. Ils classent et ordonnent les groupes selon leurs critères établis (revenu, instruction, pouvoir, prestige professionnel), faisant abstraction du fait qu'une même personne peut se retrouver dans plusieurs catégories à la fois, selon le paramètre social utilisé. Par exemple, il est très facile de faire la distinction entre les gens des classes aisée, moyenne et défavorisée selon les revenus et les richesses. Par contre, au sein même de la classe moyenne, les travailleurs - cols blancs et cols bleus - peuvent se voir attribuer des degrés de prestige très différents compte tenu du poste qu'ils occupent. De même, bien que l'emploi du col blanc apporte habituellement plus de prestige et de revenus que celui du col bleu, ce n'est pas toujours le cas. Et il en va ainsi pour les différences en matière d'instruction. Les titulaires d'un diplôme d'études secondaires ont plus souvent un emploi de col blanc et un salaire plus élevé que les moins instruits. Pourtant, certains cols bleus spécialisés, comme les électriciens, gagnent d'aussi bons salaires sans avoir une formation de niveau secondaire. Enfin, mentionnons qu'il est difficile de discerner les degrés respectifs de pouvoir rattaché à différents emplois, revenus et niveaux d'instruction.

Les non-marxistes mettent l'accent sur la répartition des compétences rares, par exemple le nombre et le milieu social des personnes qui obtiennent une formation universitaire ou un emploi prestigieux, tandis que les marxistes insistent sur les activités et l'interaction sociales des classes, comme l'identité des acheteurs et des vendeurs de la force de travail ou le degré d'exploitation d'une classe par une autre. Les premiers cherchent à comprendre les modèles d'inégalités sociales, alors que les seconds étudient comment les interrelations entre les classes expliquent l'évolution sociale. En raison de l'importance qu'elle accorde au changement, la recherche marxiste comporte habituellement une dimension historique.

Au Canada, les chercheurs d'orientation marxiste se penchent sur le développement et les conséquences de l'ÉCONOMIE de filiales, le processus de désindustrialisation, les investissements massifs de multinationales étrangères et de sociétés canadiennes dans le tiers-monde et l'exploitation au Canada des matières premières de base destinées à l'exportation, ce qui crée une certaine dépendance envers les marchés étrangers qui échappent au pouvoir des capitalistes et des travailleurs canadiens. D'autres études de la sorte montrent que dans les pays industrialisés, il existe depuis longtemps une tendance à la hausse du taux de plus-value, et que les propriétaires d'industries variées font front commun pour essayer de maintenir des salaires peu élevés. Elles révèlent aussi que la petite bourgeoisie canadienne ne constitue plus qu'une partie infime de la population active (12 p. 100 en 1951, comparativement à 6 p. 100 en 1986), que la classe ouvrière est demeurée assez stable au cours des dernières années (environ 86 p. 100 en 1951 et 90 p. 100 en 1986) et que la classe capitaliste a à peine augmenté (passant de 2 p. 100 en 1951 à 3 p. 100 en 1986). Il semble aussi que cette dernière se soit transformée en une classe d'investisseurs, c'est-à-dire de détenteurs d'actions sans guère de pouvoir de gestion. Durant la même période, la grande catégorie des cadre supérieurs a vu le jour.

De leur côté, les chercheurs non marxistes découvrent que, selon le paramètre de la profession, le Canada possède une importante classe moyenne de cols blancs en plein essor (25 p. 100 des travailleurs en 1921 contre 55 p. 100 en 1986), un groupe de cols bleus moins important, mais plutôt stable (31 p. 100 en 1921 et 40 p. 100 en 1986) et un nombre décroissant de travailleurs dans le secteur primaire (pêches, forêts et mines) et agricole (le nombre d'agriculteurs a chuté de 33 p. 100 en 1921 à 4 p. 100 en 1986). En matière d'instruction, la classe moyenne formée des personnes détenant une certaine éducation secondaire est la plus importante (48 p. 100 des hommes et 51 p. 100 des femmes en 1986). Par ailleurs, la proportion des personnes avec une certaine formation postsecondaire s'élève en 1986 à 21 p. 100 chez les hommes et à 22 p. 100 chez les femmes. Les études de la répartition des revenus révèlent que, dans l'échelle des salariés, le quintile supérieur (20 p. 100) reçoit quelque 40 p. 100 de tous les revenus gagnés, tandis que le quintile inférieur ne reçoit qu'environ 4 p. 100 du revenu total (voir RÉPARTITION DES REVENUS). D'autres études indiquent que le niveau de revenu, d'instruction et de prestige professionnel atteint est lié à la classe sociale des parents ainsi qu'à la région et à l'origine ethnique. De plus, une recherche menée auprès de personnes qui jouissent d'un bon emploi, d'un bon salaire et d'une bonne instruction permet de tirer les conclusions suivantes : elles ont une plus grande espérance de vie et une meilleure santé, elles ont davantage recours aux services médicaux, elles sont membres d'un plus grand nombre de clubs et d'organisations, elles votent régulièrement et ont peu d'enfants. Une étude faite par Wigle et Mao à partir de données recueillies dans 21 centres métropolitains du Canada conclut que les hommes vivant dans les secteurs les plus nantis des villes ont une espérance de vie à la naissance de 6,2 ans supérieure à celles des hommes venant des zones moins nanties. Les statistiques signalent toutefois une différence moins grande chez les femmes, soit de seulement 2,9 ans. Pour ce qui est des facteurs liés aux rapports entre le revenu et l'espérance de vie, ils font encore l'objet de débats.

Il se pourrait qu'une synthèse des approches marxiste et non marxiste en matière de classe sociale finisse par voir le jour, étant donné que les chercheurs, des deux côtés, commencent à se pencher sur les types d'inégalités mis en évidence par l'autre camp. Cet exercice devrait, on l'espère, entraîner la création de nouveaux termes pour désigner les catégories proposées selon l'une ou l'autre approche. Classe sociale, ou classe, est l'appellation de plus en plus réservée aux types de distinctions décrites par Marx, tandis que celle de statut socioéconomique s'appliquera vraisemblablement aux différences attribuables au revenu et au prestige professionnel.
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